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creusois et creusoises oubliés ou inconnus

creusois et creusoises oubliés ou inconnus

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Hominem te esse ( Toi aussi tu n'es qu’un homme)...(Adrien Gabriel VILLEDIEU)-Saint Etienne de Fursac

“Chaque époque engendre son héros.”

proverbe coréen

je survole Guéret libérée depuis peu,nous sommes le 23 septembre 1944,il fait plutôt bon pour la saison et je m'approche des fenêtres du bâtiment où c'est réunit la Cour Martiale succédant au tribunal militaire.13 inculpés sont présents (dont trois femmes) attendant de connaître leur sort: tous et toutes ont a répondre de leur comportement durant ces dernières années : collaboration,collaboration "horizontale",appartenance à la milice,appartenance à la Légion des Volontaires Français,appartenance au Service d'Ordre Légionnaire...

accusés levez vous !

un an de prison pour l'une des femmes,qui a déjà été tondue,8 ans de travaux forcés pour la seconde,la troisième sera fusillée.

un an de prison plus amende de 1000 francs pour un des hommes,les 9 autres seront eux aussi fusillés..

la justice est passée...

07 heures 30 le lendemain 24 septembre,le peloton est installé sur le champ de foire de Pommeil dans le quartier de Malleret à Guéret.Une foule est venue assister aux exécutions.Il y a déjà plusieurs miliciens qui on été fusillés en juin et d'autres collaborateurs le seront dans plusieurs semaines.

Monsieur Paul R...... vient de donner le dernier coup de grâce à l'un des condamné.

Il s'agit d'Adrien Gabriel VILLEDIEU né le 26 octobre 1895 à Saint Etienne de Fursac,il vient,à l'âge de 48 ans d'être condamné à mort pour "trahison et complicité de trahison", il a été membre de la Légion Tricolore d'août 1942 à janvier 1943 puis de la milice au titre de franc garde.Malgré son beau passé militaire de 1915 à 1918 puis en 1925, ce qui aggrave aux yeux de la cour, le crime de trahison et de complicité de trahison est confirmé en dépit d'une brillante plaidoirie de maître Fargeaud.

retournons nous donc vers ce "beau passé militaire": comment a t il pu en arriver là ? ses parents François gabriel,boucher de profession et Anne Françoise METTOUX ainsi que son épouse Yvonne ne doivent pas comprendre non plus.

incorporé le 16 décembre 1914 au régiment d'infanterie il passe à la 17 éme section de commis et ouvriers militaires d'administration le 3 mars 1915 puis passe "aux armées" au 8 éme régiment de tirailleurs le 1 er décembre 1915.

soldat de première classe le 28 juin 1916

caporal le 14 janvier 1917

sergent le 14 novembre 1917-

blessé et évacué le 29 mars 1918 sur l'hôpital de senlis-évacué sur l'hôpital de Jonzac le 1er avril 1918-retour au front le 14 avril 1918-blessé non évacué le 5 juin 1918-

passé à la 7 éme section de commis et ouvriers militaires d' administration le 16 décembre 1918-rengagé le 2 septembre 1919 pour 5 ans au 8 éme tirailleurs devant le sous intendant militaire aux armées le secteur postal N°131-

sergent le 15 mars 1920-

adjudant le 8 août 1920-passé au 28 éme régiment de tirailleurs tunisiens le 1er octobre 1920-rengagé pour deux ans le 7 juin 1924 à la sous intendance de Bonn (rhénanie) au titre du 14 éme régiment de tirailleurs algériens à compter du 2 septembre 1924-

embarqué à marseille le 5 juillet 1924-débarqué à oran le 7 juillet 1924-arrivé au corps le 9 juillet 1924-adjudant chef le 14 août 1925-passé au 135 éme régiment d'infanterie le 16 juin 1926-rengagé pour 3 ans le 10 août 1926 à la sous intendance militaire de Taza au titre du 14 éme régiment de tirailleurs algériens à compter du 2 septembre 1926-dirigé sur le dépôt d'Oudjda le 11 août 1926-embarqué à Oran le 14 août 1926,titulaire d'une permission de 110 jours à Saint Etienne de Fursac.

arrivé au 135 éme régiment d'infanterie le 8 décembre 1926-admis dans le corps des sous officiers de carrière à la date du 25 mai 1928-affecté au 2éme régiment de tirailleurs algériens le 1er novembre 1928-embarqué à Port Vendres le 5 novembre 1928-débarqué à Oran le 6 novembre 1928-arrivé au corps le 8 novembre 1928-admis à faire valoir ces droits à la retraite proportionnelle le 8 septembre 1930-parti et rayé des contrôles le dit jour.

se retire à Saint Etienne de Fursac-certificat de bonne conduite accordé-affecté dans la réserve au centre de mobilisation d'infanterie N°93 puis N° 91 le 1er mai 1931-rappelé à l'activité le 27 septembre 1938 en application de l'article 4C de la loi de 31 mars 1928-affecté au centre de mobilisation d'infanterie N°133-arrivé au corps le 27 septembre 1938-renvoyé dans ses foyers le 20 octobre 1938-centre de mobilisation d'infanterie N° 133 en exécution des prescriptions de la circulaire ministérielle N° 4572 I/EMA en date du 20 octobre 1939-arrivé au corps le 21 novembre 1939-passé au 241 éme régiment d'infanterie aux armées le 25 avril 1940-rattaché au dépôt d'infanterie N°101-démobilisé par le centre de démobilisation du canton de guéret le 11 juillet 1940.

garde pêche fédéral à La Rodde en 1937.

blessures :

le 9 juin 1916 à la côte 304 (meuse) par éclat d'obus à la poitrine du coté gauche.

le 29 mars 1918 à Boulogne la Grasse (oise) avec plaie à la cuisse droite par balle.

le 5 juin 1918 à Carlepont (oise) par éclat d'obus.

campagnes :

contre l'allemagne intérieur (CS) du 18 décembre 1914 au 23 avril 1915-aux armées nord et nord est (unité non combattante) du 24 avril 1915 au 30 novembre 1915-aux armées nord et nord est (unité combattante) du 1er décembre 1915 au 15 décembre 1918-aux armées nord et nord est (unité non combattante) du 16 décembre 1918 au 1er septembre 1919-aux armées nord et nord est (unité combattante) du 2 septembre 1919 au 23 octobre 1919.

occupation de pays rhénans :campagne simple (décret du 23 décembre 1919-du 24 octobre 1919 au 21 juin 1922-1/2 campagne (décret du 22 juin 1922) du 22 juin 1922 au 4 juillet 1924.

en algérie (loi du 14 avril 1924 et décret du 26 mars 1926-1/2 campagne) du 5 au 6 juillet 1924.

maroc en guerre en territoire civil (loi du 14 avril 1924-décret du 26 mars 1926) du 7 au 8 juillet 1924-maroc en territoire militaire (campagne simple) du 9 juillet au 4 avril 1925-maroc en opérations (décret du 23 juin 1925-arrêté du 21 août 1925-campagne double) du 5 avril 1925 au 13 août 1925-maroc territoire militaire (loi du 14 avril 1924-décret du 26 mars 1926-campagne simple) du 14 août 1925 au 31 mars 1926-maroc en opérations (décret du 23 juin 1925-arrêté du 21 août 1925 et 25 juillet 1926-campagne double) du 1er au 12 avril 1926-maroc territoire militaire (loi du 14 avril 1924-décret du 26 mars 1926-campagne simple) du 13 avril 1926 au 7 décembre 1926.

en algérie territoire civil (loi du 14 varil 1924-décret du 26 mars 1926-1/2 campagne du 5 novembre 1928 au 7 septembre 1930.

cheveux blonds-yeux bleus-front rond-nez moyen-visage ovale-teint coloré-1M64-niveau d'instruction N°3

croix de guerre 14/18 (une palme-trois étoiles vermeil-deux étoiles d'argent)

croix de guerre des théatres d'opérations extérieurs (une palme-une étoile de bronze)

médaille militaire

médaille coloniale avec agraphe "Maroc" et agraphe Maroc 1925-1926"

médaille commémorative 14/18

chevalier de la légion d'honneur (décret 28 décembre 1928)

médaille intéralliée

insigne des blessés

cité à l'ordre de la 38 éme division N°9 du 16 juin 1916" observateur-signaleur des plus attentifs et des plus vigilants,a continué ,malgré une légère blessure,a assurer son service avec le même entrain et le même mépris du danger"

cité à l'ordre de le 38 éme division à l'ordre du régiment N°115 du 27 novembre 1916 "signaleur d'un courage et d'une bravoure au dessus de tout éloge,toujours prêt à accomplir les missions les plus périlleuses.Pendant les journées des 23 au 30 octobre 1916 ,a traversé à plusieurs reprises les barrages d'artillerie pour porter en 1ére ligne des pigeons voyageurs indispensables pour assurer les liaisons"

cité à l'ordre du corps d'armée N°143 le 21 janvier 1917 "modéle de courage et d'abnégation,toujours au premier rang pour les missions difficiles-coureur émérite,a assuré les liaisons avec une audace et un entrain remarquable sans jamais se soucier des violents tirs de barrage qu'il était obligé de traverser-déja trois fois cité"

cité à l'ordre du corps d'armée N°316 le 13 novembre 1917 "le 23 octobre 1917,envoyé pour remplacer avec ses hommes,l'équipe disparue d'un bataillon d'attaque,a rejoint malgré les barrages et feux de mitrailleuses-a accompagné son bataillon sur le 2éme objectif et installé de suite la liaison téléphonique et l'a maintenue durant tout le séjour,vérifiant et parcourant lui même les lignes,se dépensant sans compter,animé du sentiment du devoir le plus élevé (extrait de l'ordre du régiment du 18 novembre 1917)

cité à l'ordre général N°427 le 18 mai 1918,à l'ordre du 2 éme corps de cavalerie"sergent téléphoniste,blessé griévement au cours d'une attaque allemande aux cotés de son chef de bataillon,sous officier d'un courage et d'une bravoure absolue,ayant la plus haute idée de son devoir" (ordre du régiment du 27 mai 1918-8éme de marche)

médaille militaire avec croix de guerre avec palme (ordre N°8335 du 10 juillet 1918 à compter du 17 juin 1918)"sous officier modéle,pris avec toute la liaison en terrain découvert sous un bombardement violent par obus de gros calibres,a fait preuve d'un courage et d'une abnégation remarquables,quoique blessé,ne s'est préoccupé que de son chef de bataillon griévement atteint et de plusieurs hommes qu'il pensa lui même,ne s'est fait soigner qu'aprés l'action et a refusé de se laisser évacuer"-2 blessures antérieures-5 citations.

cité à l'ordre de la colonne "au cours d'une contre attaque ennemie qui s'était déclanchée sur le front de la compagnie dans l'aprés midi du 2 mai 1925,a ramené sa section rapidement sur la ligne de feu et contribué à repousser l'attaque"

cité à l'ordre des troupes du maroc le 30 juin 1925 "excellent sous officier,n'a pas cessé pendant le combat du 3 juillet 1925 de faire preuve de courage et d'un réel mépris du danger-est allé chercher un cadavre en avant des lignes alors que deux hommes avaient déja été blessés sans y parvenir.dans la soirée s'est porté à la baïonnette vers la compagnie voisine violemment contre attaquée par l'ennemi-le 19 juillet 1925 a enlevé brillament une position et s'y est maintenu en dépit des violentes contre attaques de l'ennemi"