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creusois et creusoises oubliés ou inconnus

creusois et creusoises oubliés ou inconnus

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matricule N° 8963 au bagne de toulon...(François POUZEAUX)-Sainte Feyre

"Pitié, pitié, c'est ta vie que tu traînes. Pitié, pitié, au boulet de ta chaîne
On brûle, on crève, c'est l'enfer là-dedans
Pitié, pitié, on en a pour vingt ans
J'ai fait rien d'mal, doux Jésus, je t'implore
Pitié, pitié, doux Jésus fait le mort"

comédie musicale "Les Misérables"-le Chant du Bagne

et non ce n'est pas Jean Valjean que j'aperçois en me promenant dans le sud de la france ce 11 octobre 1808...

Je suis attiré par un bagnard à bonnet rouge (condamné à temps),il vient d'arriver de guéret où il a été condamné le 18 Janvier 1808 par arrêt de la Cour criminelle spéciale du département de la Creuse pour tentative de faux en écriture authentique et publique, à 8 ans de fers.

c'est un délit très grave à l'époque,aujourd'hui aussi d'ailleurs.

il a été flétri,sur la place publique,c'est à dire l'application d'une empreinte avec un fer brûlant en forme de "F" (faussaire) sur l'épaule droite et exposé au poteau le 9 janvier 1808 (voir notes plus loin).

voici sa description :

matricule n° 8963-

POUZEAUX François dit "Finaudon"ou "Pinaudin", fils de François et de Gabriel (sic) GRANDPRAT- célibataire (sic).

Né en 1782 à Neuville, département de la Creuse.Taille: 1,70 m. Cheveux châtains clairs, sourcils idem, barbe rousse, visage ovale, yeux gris, nez ordinaire, bouche moyenne les lèvres saillantes, menton rond et grand, front rond.

Profession de cultivateur.

il est bien né le 14 février 1781 à Neuville (commune de Sainte feyre),de François et Grandprat Gabrielle,cultivateurs.il c'est marié en 1800 avec Jeanne Janot.

 

il décédera le 22 Février 1810 à l'hospice  ("infirmerie") du bagne à l'âge de 29 ans.

 

(son épouse se remariera en 1820 et décèdera en 1822)

 

 

 

Voici quelques compléments sur cette institution (source wikipedia) : je vous invite à y aller pour plus de renseignements sur la conditions des prisonniers.

 

Le mot « bagne » vient de l’italien bagno, qui était le nom d’une ancienne prison d’esclaves à Rome, anciennement utilisée comme bains publics. À Toulon, on logea les forçats sur les anciennes galères démâtées, les bagnes flottants et on les employa dans les travaux les plus pénibles : sur le port, dans l’arsenal, dans la corderie ou dans les carrières de pierres.

En 1750, peu après la création des bagnes, un code royal comporta:

Article 20 :
« Quiconque aura été condamné à la peine des travaux forcés, sera flétri, sur la place publique, par l'application d'une empreinte avec un fer brûlant sur l'épaule droite. Cette empreinte sera faite des lettres TP pour travaux à perpétuité, de la lettre T pour les travaux à temps.La lettre F sera ajoutée dans l'empreinte si le coupable est un faussaire »
Article 22 :
« Quiconque aura été condamné à une des peines de travaux forcés, avant de subir sa peine sera attaché au carcan sur la place publique : il y demeurera exposé aux regards du peuple durant la journée entière. Au-dessus de sa tête sera placé un écriteau portant en caractères gros et lisibles ses noms, sa profession, son domicile, sa peine et la cause de sa condamnation »
Article 27 :
« Quiconque aura été condamné à la peine des travaux forcés à temps ou à vie sera durant la durée de sa peine, aura à subir la dégradation civique et la destitution et l'exclusion du condamné de toutes fonctions publiques, il sera en état d'interdiction légale d'entrée dans les églises et les lieux du Seigneur »

Lors de la Révolution, la flétrissure fut abolie et la durée de l'exposition réduite.

Article 28, de la première partie du Code des délits et des peines du 3 brumaire, an IV :
« Quiconque aura été condamné à l'une des peines des fers, de la réclusion dans la maison de force, de la gêne, de la détention, avant de subir sa peine sera préalablement conduit sur la place publique de la ville où le jury d'accusation aura été convoqué ; il y sera attaché à un poteau placé sur un échafaud, et il y demeurera aux regards du peuple pendant six heures, s'il est condamné aux peines des fers ou de la réclusion dans la maison de force ; pendant quatre heures, s'il est condamné à la peine de la gêne ; pendant deux heures, s'il est condamné à la détention ; au-dessus de sa tête, sur un écriteau, seraient inscrits, en gros caractères, ses noms, sa profession, son domicile, la cause de sa condamnation, et le jugement rendu contre lui. »

En même temps, on remplaçait officiellement le mot galérien, qu'on utilisait toujours pour les condamnés au travaux forcés, par le terme « forçat ».

En 1810, le Code pénal impérial français entra en vigueur. Il ordonna le rétablissement de la flétrissure et raccourcit le temps de l'exposition.

Article 22 :
« Quiconque aura été condamné à l’une des peines des travaux forcés à perpétuité, des travaux forcés à temps ou de la réclusion, avant de subir sa peine, demeurera une heure exposé au regard du peuple sur la place publique. Au-dessus de sa tête sera placé un écriteau portant, en caractère gros et lisibles, ses noms, sa profession, son domicile, sa peine et la cause de sa condamnation. En cas de condamnation aux travaux forcés à temps ou à la réclusion, la cour d’assise pourra ordonner par son arrêt que le condamné, s’il n’est pas en état de récidive, ne subira pas l’exposition publique. Néanmoins l’exposition publique ne sera jamais prononcée à l’égard des mineurs de dix-huit ans et des septuagénaires. »

Le 28 avril 1832, une ordonnance de Louis-Philippe Ier abolit la flétrissure en même temps que l'amputation de la main du parricide.